Qu'est-ce qui vous a donné envie de participer
au Paris des Femmes ?


J’avais déjà eu la chance de participer au Paris des femmes comme comédienne, j’avais lu un texte drôle et touchant d’Emilie Frèche. C’était enthousiasmant de voir réuni dans un théâtre autant d’auteures de talent, la plupart découvraient à cette occasion le plaisir d’écrire pour être jouées. 
Isabelle Carré (édition 2019)

Votre invitation! J'ai été flattée que vous pensiez à moi. Je n'avais jamais écrit pour le théâtre et j'ai craint d'en être incapable, mais vous m'avez rassurée en me disant que je pouvais même extraire un monologue d'un roman publié. Quand une porte s'ouvre, je pense qu'il faut la franchir pour voir ce qu'il y a de l'autre côté. Sortir de sa zone de confort, c'est toujours intéressant, et la seule façon de faire advenir quelque chose de nouveau.
Catherine Cusset (édition 2019)

Je connaissais cette manifestation car des auteures que j’aimais et lisais y avaient déjà participé. Quand Anne Rotenberg et Sylvia Minne m’ont contactée, j’étais surprise et ravie. Les voix féminines sont encore largement sous-représentées que ce soit au théâtre, au cinéma, en littérature ou dans les arts plastiques. Les femmes se sont tues pendant des siècles, il est urgent qu’elles prennent enfin la parole. Le Paris des femmes leur ouvre cet espace, cette scène. 
Carole Fives (édition 2019)

L'enthousiasme de celles qui l'ont créé.
Tania de Montaigne (édition 2019)

C'était l'occasion pour moi d'écrire pour le théâtre autour duquel je tourne depuis longtemps à travers mes romans mais où je ne m'étais pas encore lancée. Or le Paris des Femmes m'y a autorisée et j'en suis très heureuse car quelque chose s'est ouvert.
Nathalie Azoulai (édition 2018)


L'équipe…
Marie Darrieussecq (édition 2018)

D’abord une discussion avec Anne Rotenberg dont j’ai apprécié l’intelligence et l’énergie. Je suivais ce festival depuis un moment. Je trouve l’idée formidable ! Les thèmes sont toujours bien choisis comme les auteures qui y participent depuis six éditions… En même temps, j’avais une année très compliquée devant moi qui s’est révélée encore plus compliquée que je ne l’avais prévu. J’ai donc surtout hésité pour des questions d’emploi du temps, mais une deuxième discussion avec Véronique Olmi et Michèle Fitoussi, pour qui j’ai beaucoup d’amitié m’a décidée. Co-fondatrices du festival elles m’en ont un peu plus expliqué l’histoire. Etant membre du prix de la Closerie des Lilas qui travaille à mettre en lumière la création littéraire au féminin, je ne pouvais qu’être séduite par la démarche du « Paris des femmes ». Nous sommes toutes animées, je crois, par une même passion pour la création.
Adelaïde de Clermont-Tonnerre (édition 2018)


J'ai toujours eu envie d'écrire du théâtre. J'ai suivi des cours pendant quinze ans avec un extraordinaire metteur en scène, Luc Charpentier, et cela a changé ma façon d'écrire, de me glisser dans des personnages en tant que comédienne. Ce n'était pas mon métier mais presque un art de vivre. Or quand on écrit, il y a des cases. Je suis dans celle des romanciers et il est difficile de sauter dans une autre. Alors l'idée d'être accompagnée dans ce saut et surtout d'avoir l'opportunité de tester ce que je pouvais faire dans cette forme d'écriture fut une offre à ne pas refuser. Par ailleurs j'écris parfois pour adapter mes livres et je m'intéresse beaucoup à l'écriture cinématographique qui est encore une autre manière de raconter une histoire.
Frédérique Deghelt (édition 2018)


C'est l'occasion pour moi de retrouver le théâtre, et la scène française - depuis 10 ans je vis à l'étranger, à Prague puis à Montréal - et c'est retrouver la scène en compagnie d'auteures que j'apprécie et admire, dans le contexte d'un work in progress, avec des comédiens, un metteur en scène qui présentent une première version d'un texte, je trouve cela très excitant. Quand on écrit des romans, on est souvent seul. On ne partage pas le moment du lecteur. L'idée d'écrire pour un événement, pour un public, pour un travail collectif, c'est une respiration, et c'est très stimulant.
Claire Legendre (édition 2018)


Cela faisait longtemps que j’avais envie d’écrire pour le théâtre, j’avais plusieurs ébauches de pièces qui dormaient dans mes tiroirs, mais je ne savais pas très bien par où commencer pour les présenter... J’ai vraiment été heureuse quand on m’a proposée de participer au Paris des Femmes.
Marie Modiano (édition 2018)

La proposition que m’a faite ma sœur Marie d’écrire à quatre mains. Comme c’était la première fois, il y avait une part de risque mais nous nous sommes très bien accordées. Et aussi le fait de travailler autour d’un thème imposé. Cette contrainte a paradoxalement quelque chose de très libérateur, comme un sésame qu’on vous donne pour ouvrir les vannes de votre imaginaire.  
Zina Modiano (édition 2018)


Ecrire pour le théâtre, n'est pas écrire un roman. Il faut penser au corps, à la voix, au mouvement, au décor. Ce n'est plus le livre, c'est l'espace. Ce n'est plus la solitude, c'est la salle. Et ce n'est plus le silence.

Pour toutes ces raisons, j'ai adoré écrire pour le Paris des femmes. Je me suis sentie libre, dans ce territoire-là que je n'avais jamais traversé. Je me suis sentie fière aussi, de faire partie d'un festival consacré aux femmes qui écrivent. C'est rare, précieux et indispensable." 
Nina Bouraoui
(édition 2015)

Quel privilège d’avoir été choisie pour faire partie de famille de Paris des Femmes, d’avoir participé à l’édition 2015 aux côtés de grandes auteures et d’avoir vu mon texte porté au Théâtre des Mathurins par une si belle équipe. Un premier merci pour cette édition 2015, chères Michelle, Anne et Véronique.

Puis, un deuxième merci car votre festival avait donné une visibilité à ce court texte. L’année d’après, j’en écrivais la version longue et l’aventure allait continuer sur l’un des plus beaux plateaux du monde, au Théâtre du Peuple.

Et un troisième merci, en tant que spectatrice : année après année, j’ai continué d’y découvrir des textes surprenants et des auteures merveilleuses.

Longue vie au Festival Paris des Femmes.» 
Sedef Ecer
(édition 2015)

J'ai adoré participer au Paris des femmes. C'était la première fois que j'écrivais pour le théâtre, et voir mon texte incarné par des acteurs m'a fait l'effet d'un magnifique cadeau. Depuis, j'ai écrit deux pièces que j'essaie de monter, dont l'une est un monologue pour lequel Sami Bouajila m'a donné son accord - j'espère donc qu'elle verra vite le jour! 

J'ai aimé aussi que ce soit un festival d'auteurs femmes. Chaque année, il révèle à quel point nous avons du verbe, du talent, de l'imagination, alors que si peu de nos textes sont joués dans les théâtres - c'est une scandaleuse injustice. Mais je crois que les choses sont en train de bouger. Il se dégage une telle sororité de cet évènement qui demeure un rendez-vous annuel pour toutes celles qui y ont participé, que je ne peux pas imaginer qu'il en soit autrement."
Emilie Fréche (édition 2014)


Quand on m’a proposé d’écrire pour le Paris des Femmes, cela a été, une évidence. 

D’abord car je suivais depuis longtemps le travail de ses trois fondatrices, et que les voir se lancer dans un tel défi était majeur à mes yeux. 

Leur donner ma confiance était presque un acquis, et de fait, j’étais plus qu’heureuse -le mot est faible - d’apporter ma contribution. 

J’avançais sur un terrain d’autant plus sûr, que j’aimais, sans aucune flagornerie,  la plupart des écrivains qui s’étaient, si je puis dire, jetées à l’eau dans cette magnifique aventure qui est un rêve et un combat. Une parole commune portée par des sensibilités différentes. 

Si écrire pour le Paris des Femmes a donc d’abord été pour moi un engagement fort auprès d’artistes et intellectuelles que j’aime, il a aussi été un éblouissement artistique:

Voir chaque texte prendre de l’ampleur sous la houlette de metteurs en scène choisis par la direction du festival, était un enchantement doublé de surprise. Les textes prenaient une autre ampleur, leur ton bougeait, la salle vibrait. En ce qui me concerne, un immense merci à Murielle Magellan. 

Quand l’engagement ne se résume pas à un discours mais touche à la poésie, au rêve, à un humour apte à ouvrir des consciences, à la gravité d’un drame, à des renaissances, il prend toute sa mesure. Et c’est aussi cela le Paris des Femmes. 

J’espère qu’il continuera longtemps, que son combat continue de porter ses fruits. On le sait, s’engager au cœur de la création féminine, n’est pas uniquement un acte artistique fort. C’est, au moins, s’engager pour le droit des femmes dans notre société, qui en a de plus en plus besoin. Je sais que des hommes d’intelligence sont de ce combat aussi. 

Que nos scènes parisiennes et davantage, s’ouvrent de fait, plus encore à la parole puissante, fine, sensible et forte des femmes de lettres qui portent haut leur mots. 

Longue vie au Paris des Femmes 
Delphine De Malherbe (éditions 2013)


Qu'apporte la scène dans votre rapport à l'écriture ?

J’ai l’habitude de m’emparer des textes des autres, d’essayer de leur donner vie sur un plateau, j’avais donc envie avec « les Rêveurs » de partager aussi cette histoire au théâtre, même si ce n’était pas le projet de départ, mais je manquais de distance... L’émotion m’empêchait de trouver ma place. Je suis heureuse d’avoir l’opportunité de me consoler avec l’écriture d’une petite pièce, que je peux confier à d’autres voix que la mienne.
Isabelle Carré (édition 2019)

J'ai une écriture visuelle, mais narrative. La scène me contraint à ôter la narration pour penser en dialogues. Cela oblige à resserrer, concentrer, imaginer le point de vue de l'autre. C'est une ouverture. 
Catherine Cusset (édition 2019)

On m’a souvent fait remarquer que mon écriture avait une dimension très orale. « Une femme au téléphone » par exemple était le monologue d’une sexagénaire qui pourrait très bien être adapté au théâtre, il l'a d'ailleurs été en Allemagne. Pour l’écriture de la pièce «This is not a love song » pour le Paris des femmes, je me suis vraiment amusée, j’ai essayé d’expérimenter les possibles de la scène : j’ai pensé dialogues, musiques, corps, espace…
Carole Fives (édition 2019)

La prise en compte de l'incarnation à tout niveau, sur scène et dans la salle. Avec le théâtre, le corps devient une donnée incontournable et vient percuter les mots. Soudain, on peut voir et sentir l'autre réagir aux mots qu'on écrit. Comme une sorte de traversée du miroir excitante et effrayante qui procure un certain sentiment de transgression puisque, en général, ce qui se produit entre un livre et un lecteur est, pour l'écrivain, de l'ordre du mystère, de l'intime. On ne peut que l'imaginer, c'est une cuisine qui se fait sans nous. Mais avec la scène, plus de chambre close, tout est donné et reçu immédiatement.
Tania de Montaigne (édition 2019)

La voix portée. Il y a beaucoup de voix dans mes romans mais pas de projection dans l'espace et pour cause. Avec la scène, je profite d'une nouvelle dimension, d'une ampleur et ça m'intéresse beaucoup. Je profite aussi de l'incarnation, du mouvement mais le texte reste ma boussole.
Nathalie Azoulai (édition 2018)

Des difficultés. 
Marie Darrieussecq (édition 2018)

Beaucoup de joie ! C’est assez magique de penser que des acteurs vont prêter leur visage, leur être, leur peau, leur mouvement à mes amis de papier. Dans un roman, il faut beaucoup de temps et d’efforts solitaires pour fabriquer la « chair » des personnages, leur donner de la vie, une âme, un tempérament qui soient palpables et qui les rendent attachants. Là, tout à coup, j’ai des complices, des alliées : Victoire Berger-Perrin à la mise en scène, Ludivine Chastenet, Constance Carrelet, Fabienne Chaudat, Tradina Hocking : une petite bande formidable qui donne corps à mon imagination. Après, il y a forcément moins de liberté que dans le roman. J’aurais aimé par exemple garder une chute moins abrupte et d’ailleurs plus inconvenante, mais cela ne cadrait pas. C’est aussi un défi d’avoir des limites. « L’art naît de contrainte et meurt de liberté… » Je rends hommage à Anne Rotenberg pour son expérience dramaturgique et la finesse de ses remarques.
Adelaïde de Clermont-Tonnerre (édition 2018)

Je suis une grande consommatrice de pièces diverses. Je vais voir toutes sortes de pièces:  des pièces classiques ou modernes, des formes différentes de théâtre, des mimes, des one (wo)men show. J'aime ce rapport de l'immédiateté du comédien à son public, cette différence entre les soirs d'une même pièce. Cela m'apporte une stratégie d'écriture, en tout cas au moment où j'écris j'y pense; je ne perds jamais de vue que les mots ne sont que des valises dans lesquelles le lecteur (qui est en quelque sorte le comédien de nos livres) mettra ses propres émotions.
Frédérique Deghelt (édition 2018)

J'ai grandi dans un théâtre, j'ai connu la scène avant les livres, j'y ai même joué dans l'enfance, car mon père est comédien et metteur en scène. J'y ai appris l'oralité des textes, et j'ai toujours écrit pour que ça "sonne juste", même dans les romans... Je me mets à la place des personnages, je les incarne en les écrivant. Depuis que le théâtre de mon père a fermé ses portes en 2010, je n'ai plus écrit pour la scène. La proposition du Paris des femmes est donc une sorte de retour aux sources pour moi. L'écriture dramatique est souvent technique, doit respecter des contraintes pratiques, c'est ce qui fait tout son caractère. C'est une écriture qui est au service de plus grand qu'elle, elle doit produire du jeu, de la vie.
Claire Legendre (édition 2018)

Quand on écrit pour la scène, on visualise des personnages et la manière dont ils vont occuper l’espace avec leurs corps, les uns avec les autres et puis on cherche à «entendre les dialogues». C’était très intéressant de travailler avec ma sœur Zina sur ce texte pour le Paris des Femmes car son expérience de scénariste a beaucoup enrichi notre collaboration: elle a l’habitude d’écrire des dialogues, ce qui n’est pas vraiment mon cas avec la poésie et le roman.
Marie Modiano (édition 2018)

Je suis principalement scénariste et la parenté entre l’écriture pour la scène et l’écriture pour l’écran est incontestable. Mais j’aborde la scène dans un état d’esprit totalement différent, oubliant avec joie les « diktats » du scénario. 
Zina Modiano (édition 2018)


Pour vous le Paris des Femmes c'est...


Pour moi le Paris des femmes, c’est l’occasion de changer de rôle, d’écouter quelqu’un s’emparer de mes mots, et avant tout de faire entendre la voix des femmes, qu’elles aient le champ libre pour s’exprimer et permettre aux auteures de théâtre d’être jouées, seule un quart environ des pièces de théâtre représentées cette année ont été écrites par des femmes. 
Isabelle Carré (édition 2019)

Un défi, une aventure. Je suis curieuse de voir les pièces de mes camarades.
Catherine Cusset (édition 2019)

La création, l’interdisciplinarité, l’exigence, l’engagement, le plaisir. 
Carole Fives (édition 2019)

Une folle liberté.
Tania de Montaigne (édition 2019)

Une très belle perspective!
Nathalie Azoulai (édition 2018)

Une chance pour Paris
Marie Darrieussecq (édition 2018)

Une très jolie entreprise de soutien à la création littéraire et une vraie visibilité pour la dramaturgie au féminin. C’est aussi une histoire d’amitié et d’échanges autour de ce qui nous tient toutes vraiment à cœur : l’écriture. Ces moments où l’on peut parler « technique », je dirais même « plomberie littéraire » sont rares. Ils sont aussi enrichissants que précieux.
Adelaïde de Clermont-Tonnerre (édition 2018)

L'occasion unique de tester ce qu'on peut écrire pour le théâtre, de suivre un cahier des charges pour le sujet, ce qui n'est pas commun, et c'est aussi et avant tout la merveilleuse occasion de voir son texte mis en scène, de voir des comédiens l'incarner et enfin de ne pas être sur scène et d'avoir moins peur, peut-être...

et si ça se trouve, rêvons un peu l'opportunité de continuer à écrire pour le théâtre.
Frédérique Deghelt (édition 2018)

Un défi, un laboratoire, des rencontres... pour l'instant c'est aussi la curiosité de découvrir le texte des autres, et mon propre texte joué.
Claire Legendre (édition 2018)

La possibilité de m’exprimer à travers une forme d’écriture qui est assez nouvelle pour moi. C’est aussi une expérience de partage: j’aime l’idée que toutes les auteures du festival ont écrit les textes autour d’un même thème. 

Et d’un point de vue plus personnelle, le Paris des Femmes a aussi été un moment intense et enrichissant car cela a été une belle opportunité pour travailler avec une artiste que j’admire et de laquelle je suis très proche: ma sœur, Zina.

Et pour finir, je suis très impatiente d’entendre notre texte interprété par les acteurs de grands talents qui vont jouer dans notre pièce «Manine ».
Marie Modiano (édition 2018)

A la fois personnel et collectif. C’est excitant de faire partie d’un tout mais de ne découvrir qu’au moment des représentations la manière dont les autres se sont emparées du même thème. L’ensemble sera nécessairement polymorphe, surprenant, donnant matière à réflexion. Le postulat du Paris des Femmes est intéressant et ludique pour les auteures comme pour les spectateurs. 
Zina Modiano (édition 2018)

Pour moi, le Paris des femmes, c’est un espace d’expression exceptionnel qui permet aux auteures d’explorer d’autres facettes de leur créativité dans un esprit d’échanges et qui propose, à chaque édition, exigence et singularité. 
Karine Tuil (édition 2014)